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Commentaire : Notre « Voie à Suivre » peut-elle être la réconciliation ?

 

Révérend Lloyd T. Nayarota, le 17 mars, 2017

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Photo du Rév. Lloyd T. Nyarota par Mike DuBose, United Methodist News Service.

C’est une joie et une très bonne chose de savoir que la prière joue un rôle central dans le travail de la Commission « La voie à Suivre ». A mon humble avis, la commission doit orienter son travail vers une voie de réconciliation.

Pour l’Eglise Méthodiste Unie, aller de l’avant veut dire que nous devons d’abord nous réconcilier sur les points de vue divergents qui les années passées nous ont opposés. C’est la condition sine qua non pour que notre Eglise se focalise sur les aspects primordiaux liés à notre ministère.

La réconciliation élève le dialogue et le partenariat à un tout autre niveau. Elle nous invite à réfléchir au mal que nous avons fait en portant un jugement (stéréotype) sur autrui, alors que nous aurions dû être capables d’avoir l’esprit ouvert aux aspects positifs que les autres pouvaient nous apporter.

Nous devons commencer par regretter d’avoir fait ce mal, afin de pouvoir aller de l’avant.

Je me demande pourquoi Dieu a décidé de devenir humain afin de nous servir. Dieu a choisi de s’humilier et de se rendre vulnérable. Nous arrivons à la saison du carême et bientôt nous allons fêter Jeudi saint, Vendredi saint et Pâques - tout en étant témoins de la manière dont Dieu, à travers le Christ, s’est rendu vulnérable.

En tant que peuple de l’Eglise Méthodiste Unie, nous traversons un moment spécial de recueillement, dans l’attente de la conclusion des travaux de réflexion de la commission mise en place par nos évêques, dont la mission est de nous proposer une solution portée vers un avenir de réconciliation ; ce qui permettra à notre dénomination de rester unie malgré nos divergences au regard de l’homosexualité.

Oui, il y a une division dans notre Eglise. Nous sommes divisés et beaucoup en souffre.

En y réfléchissant, j’ai pensé à la manière dont j’ai été élevé dans le village au Zimbabwe. Là-bas, la culture est communale. Nous avons toujours été enseignés à avoir besoin les uns des autres.

Lorsque nous rencontrons quelqu’un – peu importe si nous le connaissons ou pas – nous le saluons. Nous ne pouvons pas croiser quelqu’un sans prendre de ses nouvelles. Cette coutume inclut également les gens avec lesquels nous avons beaucoup de points de vue divergents.

En les saluant, nous leur communiquons sincèrement que nous leur souhaitons du bien, parce qu’en le faisant, nous nous faisons du bien à nous-mêmes.

« Ndinofara hangu kana imi Muchifarawo, » veut dire « Je suis heureux à condition que vous le soyez aussi. »

J’ai appris que mon bonheur dépend de la communauté, et que lorsque quelqu’un souffre, il n’est pas possible d’être heureux soi-même. Chaque membre de la communauté a une responsabilité vis-à-vis du bonheur des autres afin de maintenir son propre bonheur.

Nous prenons soin les uns les autres.

Parfois, il est plus facile d’haïr ceux que nous ne connaissons pas. Tout ce qu’il nous reste, ce sont nos stéréotypes et nos rancœurs.

En tant que Méthodistes Unis, je pense qu’il est temps que nous ouvrions nos cœurs et nos portes à notre communauté mondiale, afin que nous commencions à nous réconcilier les uns avec les autres.

Ceci ne peut être possible que si notre commission a pour but d’orienter son travail vers une voie de réconciliation.

Je pense que nous avons passé trop de temps à nous invectiver et à ne pas discuter afin de se comprendre. A la question « la réconciliation est-elle possible ? » la réponse est : « la réconciliation est l'épicentre de l'évangile du Christ. »

Peut-être que nous devons nous demander quel est notre message fondamental, nous, peuples appelés Méthodistes Unis.

Dieu s'attend à ce que nous nous concentrions sur les défis auxquels le monde est confronté. Les problèmes de la vie humaine sont les problèmes qui offusquent Dieu. Ces problèmes ont offusqué Dieu, c’est pourquoi il s'est incarné afin de faire chemin avec nous.

Peut-être en tant que dénomination, nous sommes restés accrochés à nos affaires privées - laissant de côté les affaires de Dieu, sans surveillance.

Nous avons concentré toute notre énergie sur des sujets comme l’homosexualité et l'avortement. Et les retombées, c'est de détester les autres et leur faire du mal.  Maintenant, nous sommes divisés et il nous est difficile d’entrevoir notre avenir.

Je ne dis pas que ces questions ne sont pas importantes, mais ce ne sont pas les questions fondamentales des Saintes Écritures.

En tant qu’Africain, je pense que les questions fondamentales des Saintes Écritures sont le bien-être des humains, et la justice politique et économique.

La justice est au cœur du ministère de Jésus et de la tradition prophétique de l'Ancien Testament.  La justice est au cœur de la tradition de la Torah qui sous-tend cette tradition prophétique.

Je pense que nous avons appris, afin de satisfaire notre confort, à mal interpréter la Bible.

Peut-être que parfois, nous pensons que la Bible parle du bonheur personnel, du bien-être personnel, du fait d'être avec Dieu quand on meurt et d'être moral en privé.

La Bible ne traite généralement pas ces questions. Lorsque vous lisez les livres des prophètes en profondeur, ils proclament et parlent de la moralité publique.

Vous pouvez ouvrir n’importe quel livre des prophètes et vous trouverez qu'ils parlent de veuves, d'orphelins, d'immigrants et des pauvres. Ils parlent de salaires, ils parlent de balances injustement déséquilibrées, et ils parlent de la cupidité qui fausse l'économie. 

Ils disent que l'injustice entraînera la destruction. C'est une conséquence inévitable. Il est donc étonnant de constater que, dans notre lecture habituelle, nous avons détourné nos regards de ces points cruciaux pour les porter vers des choses moins exigeantes et moins coûteuses.

Peut-être que notre église doit commencer à se tourner vers une communauté de foi de voisinage dans laquelle chacun a accès à ce qui est nécessaire pour une vie de dignité, de sécurité et de bien-être. Nous devons valoriser notre propre confession de foi, mais aussi sérieusement faire place aux confessions de foi des autres.

Il faut être ouvert à un nouveau conventionnalisme mondial dans lequel personne, y compris les États-Unis, n'est autorisé à être un tyran.

Cela signifie la refonte de toutes nos relations mondiales de manière saine, générative et réparatrice.

Parallèlement à cette forme de relation, ce que notre église doit faire est d'établir des modèles de conversation à long terme qui peuvent surmonter les barrières culturelles et raciales.

Nous devons nous engager à nous écouter les uns les autres et entendre les véritables témoignages de chacun.

Je ne pense pas qu'il y ait un substitut à ce type d'interaction personnelle, le genre d'interaction qui nous permet de découvrir que les personnes qui peuvent sembler différentes de nous ont des récits similaires aux nôtres.

Nyarota est un pasteur de l’Eglise Méthodiste Unie du Zimbabwe. Il est actuellement en charge de deux paroisses de l’Eglise Unie du Canada dans la province de l'Alberta. Il a servi comme consultant pour l’Agence Méthodiste Unie sur l'Église et la Société.