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Photo d’Eveline Chikwanah, UMNS.

Accept Makamba, 9 ans, utilise ses mains pour palper un jouet à l’école primaire Murewa Central du Zimbabwe. Elle est la seule élève malvoyante dans sa classe.

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Daniel Chiomba et les élèves malvoyants de l'école primaire Murewa Central.

Photo d’Eveline Chikwanah, UMNS.

Daniel Chiomba assiste Kudzai Antonyo, 9 ans, qui apprend les bases du Braille.

Photo d’Eveline Chikwanah, UMNS.

Kundayi Paradza enseigne à Armstrong Chiota comment utiliser un ordinateur

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Des élèves malvoyants excellent dans une école Africaine

 

Par Eveline Chikwanah
18 Nov. 2016 | MUREWA, Zimbabwe (UMNS)

Accept Makamba excelle dans son travail scolaire. Elle est la meilleure élève de sa classe de deuxième année et participe activement aux cours. En parcourant son bulletin scolaire de la première année, on peut dire qu'Accept a de meilleures chances d’avoir un avenir prometteur.

Cette jeune fille de 9 ans travaille plus dur que ses amis. Ses résultats scolaires sont la preuve de sa détermination à vouloir réussir. Cependant, elle fait face à un obstacle majeur qui n’est pas le lot des autres enfants de sa classe à l'école primaire Murewa Central : Accept présente une déficience visuelle.

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Daniel Chiomba et les élèves malvoyants de l'école primaire Murewa Central. Photo d’Eveline Chikwanah, UMNS. 

« Le travail scolaire de nos enfants est impressionnant. Aucun de nos élèves n'a échoué aux examens de 7ème année, » déclare Daniel Chiomba, responsable de la section des élèves malvoyants.

Cette école, gérée par l'Église Méthodiste Unie, ne fait aucune discrimination vis-à-vis des enfants non-voyants et en compte actuellement 12 dans différentes classes.

« Nous préférons les enfants qui ont au moins 7 ans, car les plus jeunes ne peuvent ni être indépendants ni prendre soin d'eux-mêmes dans les dortoirs, » affirme Chiomba. Tous les enfants malvoyants de l'école sont des internes.

Kudzai Antonyo, 9 ans, s'est récemment inscrit à Murewa. Il fait partie de la catégorie des élèves « totalement aveugles » et se déplace actuellement dans l'école à l'aide d'une canne blanche. Ce garçon est encore dans la classe de rattrapage supervisée par Chiomba, où il apprend la lecture et l’écriture braille.

Kudzai s’assoie à l’écart des autres élèves de la classe pour enfants malvoyants. « Nous lui enseignons le braille et il utilise une table d'alphabet braille et des épingles pour écrire, » soutient Chiomba.

Devant nous, il demande à Kudzai d'écrire le mot « baba », le terme local en Shona qui veut dire « père ». Le garçon arrange soigneusement les épingles sur la planche avant d'utiliser ses doigts pour lire les quatre lettres. Certains élèves peuvent prendre jusqu'à un an pour maîtriser l'alphabet braille.

Une fois que les élèves ont maîtrisé le Braille à l'aide de planches, ils écrivent avec un stylet sur du papier braille inséré dans un cadre. Ils transportent leurs planches et leurs stylets à toutes les classes et « écrivent » leur dernier examen national en utilisant le même équipement.

Établie en Septembre 1975 avec une inscription initiale de seulement deux élèves, la section pour malvoyants a célébré l'inscription de son 100ème élève en Mai.

Cresencia Rarayi, la directrice de l'école, a déclaré que la création de cette section était une réponse à une demande d’école pour les enfants aveugles.

« L'Église Méthodiste Unie est sensible aux besoins des enfants de toutes les conditions sociales. L'église est unique parce que dans la province de Mashonaland East, il y a trois écoles dirigées par des églises pour les enfants qui ont été rejetés par le système éducatif traditionnel, » a-t-elle dit.

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Daniel Chiomba assiste Kudzai Antonyo, 9 ans, qui apprend les bases du Braille. Photo d’Eveline Chikwanah, UMNS.

Murewa et Nyamuzuwe s'occupent des enfants malvoyants tandis que Nyadire s'occupe des enfants malentendants. Son école a également accueilli des enfants ayant un handicap mental.

« Notre dénomination accueille tous les enfants, quelle que soit leur condition. Les enfants parcourent environ 15 kilomètres (9,3 miles) pour aller à l'école tous les jours. Du fait de leur handicap, nous sommes l'école la plus proche qui a une classe pour ce genre d’enfants » révèle Rarayi.

Pour Chiomba, cette section a maintenu une moyenne de 10 à 15 élèves par an et d’excellents résultats scolaires depuis 1999, lorsque William Mikithayo a reçu des distinctions dans toutes les quatre matières.

Les élèves progressent

Tous les élèves de cette section s'inscrivent à Murewa High School pour les études secondaires. Certains ont même été admis dans des universités locales.

Deux anciens pensionnaires étudient actuellement à l'Université du Zimbabwe. L’un, après son diplôme universitaire, est maintenant employé par les services sociaux du gouvernement à Murewa. L’autre enseigne des cours d’histoire approfondie à Murewa High School.

« Depuis la création de cette section, nous insistons sur l'intégration totale des élèves malvoyants avec leurs collègues voyants. Nos élèves sont tous intégrés, sauf pour les débutants qui apprennent encore à se déplacer par eux-mêmes dans la cour de l'école. »

« Les élèves ayant un handicap visuel ont été acceptés par leurs pairs comme des partenaires égaux. Ils ont beaucoup d'amis désireux de les aider lorsque le besoin se présente », affirme-t-il.

Kundayi Paradza enseigne l’informatique à tous les élèves de l'école. Il consacre 30 minutes chaque jour à chacun des enfants malvoyants car sa section ne dispose que d'un ordinateur avec un logiciel qui leur permet d’entendre les touches qu’ils saisissent à l’ordinateur.

Armstrong Chiota, 18 ans, est dans sa dernière année académique et maîtrise le clavier. « Je suis capable de saisir des documents et d'écouter l'ordinateur à l'aide de casques, » dit-il.

Les besoins en matériel

« Nous avons besoin de cinq ordinateurs supplémentaires avec le logiciel JAWS pour les enfants malvoyants. Actuellement, il y a six élèves en 7ème année, c'est pourquoi je les enseigne individuellement pendant une demi-heure. Ils ont généralement besoin d'environ huit mois pour maitriser les concepts clés », affirme Paradza.

Selon Chiomba, sa section a du mal à fonctionner avec des ressources limitées. « Le papier Braille est très coûteux. Un paquet de 100 feuilles coûte 3 $ et parfois nous utilisons un paquet en une journée, » explique-t-il.

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Kundayi Paradza enseigne à Armstrong Chiota comment utiliser un ordinateur. Photo d’Eveline Chikwanah, UMNS.

Seuls deux enfants se sont acquittés de leurs frais de scolarité. Les frais de l’un d'entre eux sont payés annuellement par un membre de Community United Methodist Church dans le Maryland (Etats-Unis). Les 10 autres ont des arriérés qui avoisinent 10.000 $.

La section pour malvoyants nécessite également l’acquisition du logiciel de transcription Duxbury Braille et une imprimante Index Basic DV3. Le logiciel et l'imprimante sont utilisés pour tous les travaux des élèves.

Au nombre des autres équipements indispensables pour les élèves sont des ballons de football audibles pour les activités sportives, des planches et cubes de Cubarithmes utilisés pour résoudre les équations complexes en mathématiques, des machines à brailles et des stylos, soutient Chiomba.

L’enseignement de connaissances pratiques

Dans une petite salle de classe de l’autre côté de la cour, Rudo Maponde fait de son mieux pour convaincre l’un de ses élèves à ne pas se cacher sous la table. Elle enseigne à six élèves de 10 à 20 ans ayant des handicaps mentaux, des techniques de base et quelques aspects pratiques de la vie.

« Pour certaines classes, ce qui compte ce sont les résultats scolaires. Mais, j'enseigne ces enfants à s'occuper d'eux-mêmes, à laver des petites choses comme leurs chaussettes… Les enfants quittent habituellement l'école à 20 ans et rejoignent la communauté parce qu’à cet âge ils sont autosuffisants, » raconte Maponde.

Paul Ruze, 17 ans, est un expert en tissage et fabrique des coussins et des tapis. Il est également doué dans la construction. Son professeur croit qu'il pourrait un jour devenir architecte.

Bien qu'apparemment petite, enseigner cette classe est une tâche gigantesque, dit-t-elle.

« Les enfants sont parfois très émotionnels et ne veulent pas participer. Je dois alors les motiver tous les jours. Vous ne pouvez pas leur donner des instructions parce qu'ils réagissent lentement et cela nécessite beaucoup de patience. Chaque jour, je prie pour avoir la force et la sagesse de gérer cette classe, » dit-elle.

Chikwanah est la communicatrice de la Conférence Annuelle du Zimbabwe-Est. Contact médias : newsdesk@umcom.org