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Photo de Phileas Jusu, UMNS

L’Église Méthodiste Unie Wesley a ouvert ses portes le 11 Décembre. Elle est la première construction Méthodiste Unie dans le district de Pujehun en Sierra Leone

Photo de Phileas Jusu, UMNS

Mme Matilda Yao Yilla, Chef Suprême, coupe le ruban lors de l'inauguration officielle de l’Église Méthodiste Unie Wesley à Pujehun, au sud de la Sierra Leone.

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Inauguration d’une église dans une région majoritairement musulmane

Phileas Jusu
11 Janvier 2017 | PUJEHUN, Sierra Leone (UMNS)

Des cris du refrain populaire : « He has made me glad, He has made me glad. I will rejoice for He has made me glad… », (je me réjouirai…car il m’a rendu heureux) retentissent dans des hauts parleurs lors de l’inauguration de la nouvelle Église Méthodiste Unie Wesley à Pujehun (Sud de la Sierra Leone). C'est la première communauté Méthodiste Unie à être construite dans le district de Pujehun, majoritairement musulman.

L’Orchestre de Gospel Méthodiste Uni de Freetown a entonné des chants de joie et des louanges après la cérémonie qui a officiellement marqué l’ouverture de l'église le 11 Décembre 2016. Un défilé dans les rues de Pujehun, soutenue par deux fanfares, a précédé la dédicace du sanctuaire d’un coût total de 80.000 $, en présence de centaines de Méthodistes Unis et de nombreux invités au pays.

« Pour une église qui atteint le cœur d'une communauté musulmane, l'occasion en vaut la chandelle, » déclare Paul Minah, un invité et représentant du gouvernement.

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L’Évêque John Yambasu prie pour le Rév. Victor Kainboy pour son leadership dans la nouvelle église à Pujehun. Photo de Phileas Jusu, UMNS.

Lors de sa prédication, l'Évêque John Yambasu, qui dirige la Région Épiscopale de Sierra Leone, a encouragé les membres de l'église.

« Nous avons construit cette église, mais il nous faut la paix et l’unité pour la conserver. Si vous ne vivez pas en paix, les membres et votre église seront divisés. Si vous n'êtes pas unis, l'Église se dispersera. Si vous ne respectez pas votre pasteur, l'église se dispersera, » a-t-il dit. « Vivez en paix et en harmonie les uns avec les autres parce que la Bible nous dit que Dieu n'est pas un Dieu de confusion, mais un Dieu d'ordre. Dieu habite là où règnent la paix et l'ordre. Si vous vivez dans la paix et l'unité, il n'y a rien que vous ne demanderiez à Dieu qu'il ne vous donnera pas. » 

L'évangélisation chrétienne dans cette partie du pays peut être difficile, a déclaré le Révérend Victor Kainboy, pasteur en charge de la nouvelle église, dans une interview avec United Methodist News Service.

Kainboy a été affecté à Pujehun en 2014 lorsque la conférence a pris la décision d'ouvrir une nouvelle zone missionnaire. La congrégation adorait dans une structure provisoire où la fréquentation moyenne de l'église est passée à 60. Il a soutenu qu'il y avait un potentiel de croissance supplémentaire dans la ville et le district dans son ensemble.

Interrogé sur la façon dont il a réussi à atteindre les personnes avec tant de succès en seulement deux ans, Kainboy a cité l’Apôtre Paul : « Avec les Juifs j’ai été comme Juif ; Avec les Gentils, j’ai été comme Gentil. »

« Lorsque je suis arrivé à Pujehun il y a deux ans, j'ai commencé à visiter les gens dans leur maison et à leur présenter ma vision. J’ai invité certains d'entre eux dans mon église et j’ai prié avec eux, » a-t-il dit.

« J'ai aussi partagé des cadeaux en partageant la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ avec eux. Les cadeaux ne doivent pas nécessairement être coûteux ou impressionnants. Cependant, cela nous permet, particulièrement, d’établir un lien avec ces personnes. Les cadeaux expriment l'amour et renforcent également l'estime de soi. Et je crois qu'ils contiennent plus de pouvoir lorsqu'ils viennent d'un pasteur, par exemple, pour une famille, après une visite et une séance de prière - imaginez cela. »

La stratégie de Kainboy incluait, également, la prédication dans d'autres confessions religieuses lorsqu’on l'invitait à le faire. Il affirme que certains membres de son église étaient des Méthodistes Unis dans le district mais fréquentaient d’autres églises. Mais maintenant, ils se sentent à l’aise au culte dans leur propre dénomination. D’autres, cependant, n’ont jamais été à l’église.

« Nous nous sommes, également, impliqués dans le partage des préoccupations des gens dans la communauté afin que leurs problèmes deviennent les nôtres, » a déclaré Kainboy. « Beaucoup de jeunes viennent à l'église. Les jeunes veulent être vus. Ils veulent être entendus. Ils veulent que les gens apprécient leurs talents. Ainsi, quand je vois une jeune personne avec du potentiel, j'interagis avec elle et l’invite dans mon église. Je ne lui demande pas si elle est musulmane ou chrétienne. »

Des jeunes musulmans fréquentent l'église. Environ quatre y sont restés définitivement.

« Une fois qu'ils viennent, l’étape suivante est de les impliquer dans les activités de l'église. Et certains d'entre eux ont apprécié le fait que nous les considérions. Nous les engageons dans la musique, les jeux. Les jeunes s'intéressent à ces choses. Je leur donne l'occasion de jouer aux instruments. Ils chantent, nous applaudissons pour eux et ils se sentent bien. Je ne me présente pas comme leur pasteur, mais je les vois plutôt comme mes frères et sœurs, » soutient Kainboy.

Kainboy est également aumônier à l'hôpital du gouvernement à Pujehun.

« Grâce à mon rôle d'aumônier et à la manière dont j'encourage les jeunes, toutes les infirmières de l'hôpital - principalement les jeunes - sont maintenant membres de mon église, » déclare-t-il.

Il y a une collaboration interreligieuse très forte à Pujehun. Ensemble, les musulmans et les chrétiens appuient le ministère de la santé dans la diffusion des messages sur la santé.

« Au cours de campagnes sur la santé telles que la vaccination ou la lutte contre le paludisme, nous mobilisons et sensibilisons les gens, rejetons les préjugés et encourageons la participation parce que les habitants de ce pays font confiance à leurs chefs religieux. Par exemple, pendant les épidémies d'Ebola, les gens ont perdu confiance dans le secteur de la santé. Mais quand nous avons renforcé les messages de santé, les gens ont cru et ils ont participé. Ainsi, le virus d’Ebola a été de courte durée à Pujehun. Pendant les programmes de vaccination, les mères sortent avec leurs enfants quand ils nous voient participer parce que notre présence les rassure, » affirme Kainboy.

Jusu est un communicateur pour l'Église Méthodiste Unie en Sierra Leone. Contact médias : newsdesk@umcom.org