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Photo d’illustration de Kathleen Barry, United Methodist Communications

La Commission « La voie à Suivre » espère en l’unité de l’Église Méthodiste Unie.

Les membres de la Commission « La Voie à Suivre » partagent leurs espoirs

Par Heather Hahn
19 Janvier 2017 | UMNS

Ils demandent au Saint-Esprit de les guider et ont confiance à leur héritage Wesleyen commun pour aider l'Église Méthodiste Unie à discerner « une voie à suivre. »

La Commission « La voie à Suivre » a la lourde tâche de tenter de résoudre les profondes divisions de l’Eglise au sujet de l'homosexualité et promouvoir l'unité de l'Eglise.

Lorsque les membres de ce groupe international se réuniront, pour la première fois, la semaine prochaine à Atlanta, ils se feront les porte-voix des différentes perspectives et expériences. Ils apporteront également un engagement commun à la prière et une foi en un Dieu qui est plus grand que toute lutte humaine.

En Décembre, la commission a organisé une conférence téléphonique pour prier ensemble. Mais, la plupart des membres se rencontreront pour la première fois la semaine prochaine. Le premier point à l’ordre du jour consistera à faire connaissance et à bâtir une relation de confiance.

Pendant ce temps, les Méthodistes Unis dans le monde entier ont entamé 75 semaines de prière dénommée « Praying our Way Forward. »

United Methodist News Service a demandé à chacun des 32 membres de la commission et aux trois évêques servant de modérateurs de partager leurs prières et points d’accord possibles. Plus de 15 personnes y ont répondu.

« Beaucoup de frères et sœurs dans toute la connexion prient pour cette œuvre et font confiance à Dieu pour nous guider, » déclare Scott Johnson, membre de la Conférence de New York. Il a fait partie des personnes qui ont présenté l'adresse de laïcs à la Conférence Générale de l'année dernière.

« Je suis convaincu que mes frères et sœurs de cette commission en ont fait de même. J’espère que nous arriverons à comprendre que nous ne sommes pas seuls. Je souhaite également que nous nous attendions à ce que Dieu fasse quelque chose d'inattendu. »

Jacques Umembudi Akasa de la République Démocratique du Congo y voit une promesse similaire pour leur mission.

« Je pense qu'il y a des raisons d'espérer, car c’est ce que souhaitent de nombreux Méthodistes, » a soutenu le missionnaire Méthodiste Uni en Français. « Evidemment, cette tâche est complexe, mais nous avons la foi. »

Prières partagées

La Rév. Casey Langley Orr, pasteur adjoint en charge du discipolat de First United Methodist Church à Fort Worth (Texas) dit qu’elle s’est préparée en récitant trois prières favorites : La prière de Saint François, Le Canon de Saint-Patrick et La prière de l’Alliance de Wesley.

« Bien qu'il soit difficile de savoir exactement à quoi s’attendre, mon espoir est que chacun de nous cherche à être un instrument de paix, reconnaisse Christ en l'autre, et se rappelle que nous servons et représentons Dieu avant tout, » affirme Orr, un diacre.

La commission comprend huit évêques, 13 autres pasteurs et 11 laïcs qui ont tous un droit de vote pendant les délibérations du groupe. Les trois modérateurs ne votent pas. Les membres viennent de neuf pays, dont 14 états des États-Unis d’Amérique.

Le groupe est composé de 14 femmes et deux hommes ouvertement homosexuels. Il comprend également des dirigeants de groupes de plaidoyer qui ont toujours défendu des positions opposées au ministère envers les personnes LGBTQ et l'interprétation biblique.

La Conférence Générale, la plus haute instance de décision de la dénomination, a autorisé en Mai dernier, les évêques à mettre en place cette commission au lendemain des rumeurs de schisme de l'église sur la question de l'homosexualité.

Les mois qui ont suivi, de nombreux pasteurs et candidats au ministère pastoral se sont déclarés homosexuels, plusieurs conférences ont exhorté à ne pas respecter les interdictions de l’Eglise liées à l'homosexualité, et la Juridiction de l’Ouest a élu et consacré l’Évêque Karen Oliveto, une lesbienne mariée. Le Haut Conseil Judiciaire prévoit statuer sur cette élection en Avril.

Pendant ce temps, le Wesleyan Covenant Association, un nouveau groupe mis sur pied pour renforcer la voix évangélique de la dénomination, a mis la commission en garde contre toute rupture avec les enseignements actuels de l'Eglise.

La Commission examinera et pourra proposer des amendements au Livre de Discipline de la dénomination, qui depuis 1972 stipule que « la pratique de l'homosexualité est incompatible avec l'enseignement chrétien. » Le comité exécutif des évêques a également décidé que le groupe explorera de nouvelles façons d'être une église mondiale tout en tenant compte des différents contextes culturels et théologiques.

« L'Eglise Méthodiste Unie est dans une phase sans pareille, et les enjeux sont considérables. Par la même occasion, nous sommes entre les mains de Dieu, et Dieu est fidèle, » déclare Ken Carter, l'un des trois modérateurs et évêque de la Région de Floride.

« Je prie pour les membres de la commission. Par conception, nous sommes des hommes et des femmes ayant des talents et perspectives différents. Et pourtant, nous formons le Corps du Christ. »

MyungRae Kim Lee, directrice exécutive du Réseau National des Femmes Méthodistes Unies de la Corée, a trouvé son inspiration dans Matthieu 7:7.

« Je crois personnellement qu’en continuant à demander, à chercher et à frapper, guidés par l'Esprit Saint, nous serons en mesure de trouver une nouvelle voie à suivre, » soutient Lee, membre de la Conférence de New York.

Points d'accord

Leah Taylor, représentant de la Fondation Méthodiste du Texas et membre de la Conférence du Texas, affirme que d'autres membres de la commission et elle partagent un sens de l'honneur et une lourde responsabilité dans cette tâche. Elle espère également que les membres trouveront un vocabulaire commun « qui soit gracieux, attentionné et approprié à tous. »

« Pour ma part, je suis joyeuse et craintive en même temps, » a-t-elle ajouté.

La Rév. Donna Pritchard, pasteur principal de First United Methodist Church à Portland (Oregon) soutient qu’elle est persuadée que tous les membres de la commission seront prêts à écouter Dieu et à s’écouter.

Alice Williams de la Conférence de Floride dit qu’elle espère que les points d’accord permettront aux Méthodistes Unis de faire plus ensemble que divisés.

Le Rév. Tom Berlin, pasteur titulaire de l’Église Méthodiste Unie Floris à Herndon (Virginie) a soutenu que selon son expérience tous les Méthodistes unis partagent un désir commun de voir le règne de Dieu dans l'Église et dans le monde.

Concernant les questions de sexualité, David N. Champ voit des raisons d'espérer. Le coordinateur du Methodist e-Academy en Suisse a dit qu'il pense que les membres de la commission peuvent parvenir à un accord « sur de nombreuses questions importantes quant à ce que l'Eglise devrait affirmer comme contexte approprié pour les relations sexuelles. »

Points de désaccord

Même si les membres de la commission expriment leur foi commune, certains y voient déjà des points de divergence concernant les résultats attendus.

Matt Berryman est le directeur exécutif du Reconciling Ministries Network, un groupe de plaidoyer qui pousse la dénomination à inclure des personnes LGBTQ dans tous les aspects de la vie de l'Eglise, y compris l’ordination et le mariage.

Il estime que le rôle de la commission « ait moins à voir avec une nouvelle défense de la question anachronique de savoir si l’amour entre les personnes de même sexe et les personnes LGBTQ étaient compatibles ou non avec l'enseignement chrétien mais beaucoup plus à voir avec la nécessité urgente à laquelle nous sommes maintenant confrontés visant à créer une église inclusive devant les préjudices et les désaccords actuels. »

Patricia L. Miller est la directrice exécutive du Confessing Movement au sein de l'Église Méthodiste Unie, un groupe de plaidoyer qui veut que la dénomination maintienne le statu quo sur les enseignements liés à l'homosexualité.

Elle croit que « l'argument majeur au sein de la commission sera d’affirmer la reconnaissance de la décision au sein de l'Église Méthodiste Unie et que l'Eglise ne peut plus continuer dans ce chaos actuel. De plus, la commission doit comprendre qu'elle doit présenter une ou des propositions pour la Voie à Suivre. »

A la recherche d’une solution au conflit

Dave Nuckols, un co-leader des laïcs du Minnesota et membre du conseil de Reconciling Ministries Network, affirme qu’il prie pour que la commission aide la dénomination à « vivre l'exemple de Jésus dans l'inclusion radicale de toutes les personnes - y compris les personnes LGBTQ – et à concentrer notre énergie à l’évangélisation des non-croyants. »

La Rév. Jessica LaGrone, doyenne de la chapelle du Séminaire Théologique Asbury à Wilmore (Kentucky) et leader de Wesleyan Covenant Association, veut « voir l'Eglise discerner une voie de sortie au conflit actuel qui honore les Saintes Écriture et se soucie des personnes et des églises locales. »

Eben Nhiwatiwa, évêque de la Région du Zimbabwe, dit qu'il ne s’attend pas à « une Voie à Suivre » qui soit acceptable par tous les Méthodistes Unis. Certains quitteront la dénomination, peu importe ce qui se passe, dit-il avec tristesse.

Cependant, il soutient qu’il existe un moyen d'éviter un véritable schisme.

« Selon mes observations, ce qui est encourageant, c’est que la plupart des membres sont impatients de trouver « une voie à suivre », qui ne divisera pas la dénomination, » a-t-il dit.

Toutes les recommandations de la nouvelle commission nécessiteront l'approbation de la Conférence Générale. Le Conseil des Évêques envisage de convoquer une Conférence Générale spéciale en 2019.

Hahn est journaliste multimédia pour United Methodist News Services. Isaac Broune de la Côte d’Ivoire, membre du Desk Francophone de United Methodist Communications, a contribué à ce reportage. Contact Média : newsdesk@umcom.org